Le Conseil fédéral brade la sécurité alimentaire

L’Association suisse pour un secteur agroalimentaire fort (ASSAF-Suisse) estime que les bases du contre- projet du Conseil fédéral à l’initiative pour la sécurité alimentaire de l’USP sont inacceptables en l’état. Le Conseil fédéral est invité à revoir sa copie. Le texte de l’initiative pour la sécurité alimentaire de l’Union suisse des paysans est solide et n’a rien à craindre en votation populaire. La récolte, en un temps record, de près de 150'000 signatures montre l’importance que la population attache à la sécurité alimentaire. Au vu des crises internationales qui caractérisent notre époque, l’ASSAF- Suisse estime que le pilier central de la stratégie de sécurité alimentaire de la Suisse, doit être la production indigène de denrées alimentaires saines et de bonne qualité.

La sécurité alimentaire c’est quoi ?

Le Conseil fédéral et l’OFAG se sont lancés dans un exercice peu réussi de définition et d’interprétation de la notion de sécurité alimentaire. Ils redéfinissent la sécurité alimentaire à la sauce de la libéralisation des marchés et de la globalisation. Cependant, la sécurité alimentaire se réfère à une notion temporelle. Il s’agit d’assurer l’approvisionnement de la population avec des denrées saines et de bonne qualité aujourd’hui, mais aussi demain et après-demain. C’est précisément ici qu’intervient le rôle crucial de la politique, selon l’adage bien connu « gouverner c’est prévoir ».

Le Conseil fédéral et l’OFAG veulent assurer la sécurité alimentaire par des importations de denrées alimentaires en provenance« d’un éventail de pays triés sur le volet ». Le Ministre de l’économie se donne effectivement beaucoup de peine pour lancer des projets d’accord de libre-échange partout dans le monde. Jusqu’en janvier 2014, plus 11 rounds de négociations ont été conduits avec l’Union douanière Russie/Biélorussie/Kazakhstan. Depuis la crise entre la Russie et l’Ukraine de cette année, plus personne ne parle de cet accord. Cet exemple montre que la situation politique internationale peut évoluer très rapidement, même dans des pays « triés sur le volet ». Actuellement, sur le plan international, la fréquence et la gravité des crises politiques, sanitaires ou terroristes augmentent constamment.

Pour l’ASSAF- Suisse, le pilier central de la sécurité alimentaire doit être une production indigène saine et solide, comme le demande l’initiative de l’Union suisse des paysans. La Suisse est actuellement déjà un pays très ouvert qui importe pratiquement 50% de ses besoins alimentaires. Les dispositions légales actuelles en matière d’importation permettent cette situation et ne sont en aucun cas un « retour en arrière » comme le prétendent le Conseil fédéral et l’OFAG. Les décisions relatives à la politique agricole future doivent intégrer le besoin de sécurité alimentaire exprimé par la population. L’ASSAF- Suisse ne manquera pas de faire des propositions concrètes. Plus d’informations sous www. assaf-suisse.ch

Renseignements :    

Walter Willener, Président ASSAF-Suisse, Lausanne, 079 689 31 06

David Rüetschi, Secrétaire général ASSAF-Suisse, Lausanne, 079 677 82 12

Mercredi 12 novembre 2014