La sécurité alimentaire est plus importante que le dogme de la libéralisation

La sécurité alimentaire est plus importante que le dogme de la libéralisation

L’Association suisse pour un secteur agroalimentaire fort (ASSAF-Suisse) estime que le contre- projet du Conseil fédéral à l’initiative pour la sécurité alimentaire n’est pas à la hauteur des attentes. Si le Conseil fédéral a reconnu l’importance de la sécurité alimentaire, il se trompe de stratégie. Le contre- projet du Conseil fédéral est même un danger potentiel, car il pourrait cacher un projet de libre- échange agricole en voulant garantir la sécurité alimentaire par des importations de denrées alimentaires.

Grandes lacunes du contre-projet du Conseil fédéral

L’ASSAF-Suisse constate que le contre-projet a été construit  de manière à respecter scrupuleusement le dogme de la libéralisation des marchés agraires. Le Conseil fédéral veut miser sur les importations pour garantir un approvisionnement sûr de la population en denrées alimentaires. La promotion de la production indigène n’est pas une priorité.

L’ASSAF-Suisse estime que le pilier central de la sécurité alimentaire doit être une production agricole et alimentaire indigène saine et solide. Personne ne demande un retour en arrière avec davantage de protectionnisme. La Suisse est aujourd’hui un pays très ouvert qui importe environ 40% des denrées alimentaires consommées. Pour l’ASSAF- Suisse, la sécurité alimentaire est plus importante que le dogme de la libéralisation. C’est pourquoi, dans une pesée d’intérêts, le maintien des quelques mesures de protection à la frontière se justifie entièrement pour un bien public aussi important que la sécurité alimentaire. Tant que la Suisse protège aussi bien le niveau des salaires, qui sont, et de loin, les plus élevés du monde, elle peut aussi se permettre d’offir une protection douanière pour sa production alimentaire, garante d’un approvisionnement de proximité, et de qualité. De manière subsidiaire, les réserves et stocks ainsi que les importations contribuent aussi à la sécurité alimentaire.

Le contre-projet du Conseil fédéral pourrait être un cheval de Troie

Pour l’ASSAF- Suisse, le contre-projet direct du Conseil fédéral pourrait cacher de nouveaux projets de libre-échange agricole, sous prétexte de garantir la sécurité alimentaire. Garantir la sécurité alimentaire par des importations issues de l’Union européenne pourrait être le slogan de la campagne. A l’heure, ou les crises internationales se répètent, il est naif et imprudent de miser sur ses voisins, même les plus proches.

Préférer l’orginal à la mauvaise copie

L’initiative pour la sécurité alimentaire de l’USP apporte une bonne réponse aux attentes de la population. C’est pourquoi il faut privilègier l’original à la mauvaise copie du Conseil fédéral.

 

Renseignements :    

Walter Willener, Président ASSAF-Suisse, Lausanne, 079 689 31 06

David Rüetschi, Secrétaire général ASSAF-Suisse, Lausanne, 079 677 82 12

Mercredi 14 janvier 2015