L’huile de palme menace l’huile de colza

Alors qu’une belle récolte de colza approche à grands pas, les signaux politiques ne sont pas au diapason! Des accords bilatéraux, actuellement en négociation, pourraient remettre l’huile de colza en question en la menaçant de substitution par de l’huile de palme. Ainsi, la Suisse pourrait perdre de la valeur ajoutée et un produit innovant qui se démarque par des atouts nutritionnels qui font figurer l’huile de colza très haut dans la pyramide alimentaire.

Des accords de libre-échange pourraient avoir des répercussions importantes pour le marché du colza et la production d’une huile pourtant recommandée par l’Office fédéral de la sécurité alimentaire (OSAV) car très précieuse du point de vue nutritionnel. Actuellement, la Suisse négocie des accords avec la Malaise, l’Indonésie et d’autres Etats sud-asiatiques. Si la Suisse simplifie l’importation d’huile de palme, l’huile de colza indigène sera fortement concurrencée par un produit bon marché. Ce qui aura pour répercussion immédiate une telle pression sur le prix du colza que la surface de production pourrait être réduite et de la valeur ajoutée perdue. La part d’huile de palme dans notre alimentation quotidienne pourrait augmenter au détriment de la part d’huile de colza, ce qui est problématique selon certains nutritionnistes. Sans oublier que le paysage suisse aussi serait touché si manquaient les magnifiques champs jaunes, signes du retour du printemps.

L’importance économique et agronomique du colza
Le colza est une culture très importante dans les régions de grandes cultures. Afin d’assurer un assolement diversifié, les agriculteurs suisses doivent cultiver au minimum 4 cultures différentes. Cette rotation permet de prévenir les maladies des plantes et de maintenir une fertilité du sol à long terme. Le colza est particulièrement intéressant car il appartient à une famille de plantes différente de celle des céréales et du maïs. En termes économiques, le colza contribue à la valeur de la production agricole suisse avec plus de 60 millions de francs par année.

Après avoir fleuri, le colza forme des gousses remplies de graines noires. Une fois récolté avec une moissonneuse batteuse, le colza est stocké dans les centres collecteurs. Ceux-ci revendent le colza aux trois huileries suisses. En Suisse, il existe trois sortes différentes d’huile de colza: l’huile pressée à froid, l’huile raffinée et l’huile de colza HOLL. Cette dernière permettant la friture et le rôtissage, la  demande a augmenté, depuis 2004 date de son lancement, à 20‘000 tonnes par an, soit un quart de la production suisse de colza. Ce succès montre comment tous les acteurs de la filière profitent de l’innovation et prouve que la bonne collaboration crée non seulement de la valeur ajoutée mais aussi de nombreuses places de travail sur les exploitations agricoles et dans les huileries et les centres collecteurs.

Contacts:
Fritz Glauser, Président de la Fédération suisse des producteurs de céréales (FSPC)
Tél: 026 658 17 80, Mobile: 079 702 05 44

Andrea Koch, directrice adjointe de Fédération suisse des producteurs de céréales (FSPC)
Tél: 031 381 72 13, Mobile: 076 216 11 20

David Ruetschi, Secrétaire général Association suisse pour un secteur agroalimentaire fort (ASSAF-Suisse),
Mobile: 079 677 82 12

Mardi 30 juin 2015